L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de mardi 7 à mercredi 8 avril 2015, via un amendement socialiste au projet de loi sur la santé, la possibilité de réaliser des bilans de santé sur les détenus arrivant en prison.
Drogues, alcool… l’Assemblée vote la possibilité de bilans de santé des détenus
L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de mardi 7 à mercredi 8 avril 2015, via un amendement socialiste au projet de loi sur la santé, la possibilité de réaliser des bilans de santé sur les détenus arrivant en prison. Ce bilan de santé sera notamment basé sur la détection de consommation de drogues ou d’alcool.
«Au début de son incarcération, il est proposé à toute personne détenue un bilan de santé relatif à sa consommation de produits stupéfiants, de médicaments psychotropes, d’alcool et de tabac», peut-on lire dans l’amendement adopté en première lecture – un amendement complétant la loi pénitentiaire de 2009.
Les auteurs de l’amendement justifient leur mesure par la situation actuelle dans les maisons d’arrêt : il s’agit de « ne pas rendre malade une personne entrant en prison en bonne santé » et de « faire de la prison un lieu où les soins, le dépistage et la prévention prennent tout leur sens » […] «Aujourd’hui, la personne qui entre en maison d’arrêt est un homme dans 95 % des cas. Il est jeune et doit exécuter une peine de quelques mois. Il est considéré en bonne santé dans 77 % des cas, selon des enquêtes déjà anciennes […] Mais la précarité et les addictions majorent les risques et augmentent la vulnérabilité. Le taux de suicide en prison est cinq à six fois supérieur à celui de la population générale du même âge. Certaines maisons d’arrêt surpeuplées ont des effets négatifs sur les conditions de vie des détenus et donc sur leur santé. La surconsommation de tabac, de psychotropes, l’usage de stupéfiants, les pratiques sexuelles à risque y sont connues».
La denture marqueur social
Un autre amendement a été adopté et concerne, cette fois, spécifiquement les soins dentaires. En effet, l’Etat vient d’autoriser une évaluation de l’état dentaire de la personne détenue au début de son incarcération – et ce « dans un nombre limité d’établissements pénitentiaires ».
Cette mesure sera mise en place à titre expérimental jusqu’au 1er janvier 2018. « Le mauvais état de la dentition de plus d’un entrant sur deux en détention est un véritable enjeu de santé et un marqueur social, qui a fait l’objet d’une recommandation du contrôleur général des lieux de privation de liberté dans son rapport 2012, précise l’exposé des motifs. Une étude de la direction générale de la santé révèle que cet examen n’est réalisé qu’une fois sur deux à l’arrivée du détenu ».










