Le 25 février dernier, Agnès Buzyn a annoncé le lancement officiel du « Service Sanitaire », qui sera rendu obligatoire, dès la rentrée 2018, pour les étudiants en dentaire. Objectifs, calendrier, étudiants concernés…Dynamique Dentaire fait le point sur ce nouveau dispositif.
Le service sanitaire, outil de prévention auprès des jeunes et des publics fragiles
La fréquence des comportements à risque reste élevée en France. Elle est particulièrement prégnante chez les jeunes et parmi les publics les plus fragiles socialement, qui bénéficient d’une moindre sensibilisation aux comportements favorables à la santé, ce qui renforce et pérennise les inégalités de santé.
Quelques chiffres clés
- 12% des jeunes de 17 ans consomment de l’alcool plusieurs fois par semaine
- 66% des jeunes déclarent avoir bu de l’alcool au cours du mois écoulé en 2017
- 25% des jeunes de 17 ans fument quotidiennement en 2017
- L’obésité pédiatrique concerne 3,5% des enfants et est 4,5 fois plus fréquente chez les enfants d’ouvriers que chez les enfants de cadre.
- + de 80% des adultes sont sédentaires
De nombreuses expériences ont été réalisées, notamment en direction des jeunes, dont le déploiement d’étudiants relais dans 22 universités. Elles attestent de l’intérêt d’une prévention portée par les pairs qui permet des échanges informels et une proximité. L’impact sur les comportements commence à être documenté et une analyse réalisée en 2015 par l’université de Bristol démontre qu’une intervention menée par des pairs collégiens ou lycéens réduit de 20% la consommation de tabac et que des effets similaires sont retrouvés pour les consommations excessives de cannabis et d’alcool (1).
Service sanitaire : Objectifs et principes
L’instauration d’un service sanitaire pour tous les étudiants en santé s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de santé dont le premier axe est de mettre en place une politique de prévention et de promotion de la santé. En permettant aux étudiants en santé d’intervenir pour des actions de prévention, le service sanitaire a pour objectif de favoriser leur autonomie, de renforcer leur engagement dans leurs études et de favoriser leur inter-professionnalité et leur interdisciplinarité par la réalisation de projets communs à plusieurs filières de formation.
Ces actions de prévention se dérouleront dans des lieux agréés par la formation (écoles, universités, EHPAD, entreprises, lieux de privation de liberté, établissements médicaux-sociaux, etc.), tout comme les stages actuels des étudiants. Le gouvernement a bien précisé que le service sanitaire ne consistera pas, à faire exécuter des activités de soins aux étudiants, mais à leur permettre d’intervenir, sous forme collective, sur des thèmes prioritaires de santé publique, tels que la vie affective et sexuelle, les addictions, la nutrition et la promotion de l’activité physique.
Un temps de formation spécifique devra permettre aux étudiants d’acquérir les connaissances, les compétences ainsi que le savoir-être, nécessaires à l’intervention auprès du public.
Le service sanitaire représentera l’équivalent d’une période de trois de formation, continue ou discontinue, et sera obligatoire pour l’obtention du diplôme.
Service sanitaire : Étudiants concernés et calendrier
Des premières initiatives sont déjà existantes dans les établissements de formation en santé suivants : Universités d’Angers, de Clermont Ferrand, de Caen, de Marseille et au sein de l’IFSI du centre hospitalier de Dunkerque. Ces pratiques seront étendues dès mars 2018 pour des expérimentations de services sanitaires.
A partir de la rentrée 2018, le dispositif sera étendu à l’ensemble du territoire, pour les formations en médecine, odontologie, maïeutique, pharmacie, kinésithérapie et soins infirmiers, soit 47 000 étudiants par an.
A partir de la rentrée universitaire 2019, le service sanitaire concernera toutes les formations de santé (y compris par exemple, les formations d’ergothérapie, d’orthophonie…) soit environ 50 000 étudiants par an.
La mise en place d’une politique de service sanitaire à l’échelle nationale est une première en Europe. Des initiatives proches ont été développées sous forme de modules optionnels dans des formations de santé au Canada et aux États-Unis, mais concernent le plus souvent un nombre réduit d’étudiants.
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- Peer Led interventions to prevent tobacco, alcohol end/or drug use among young people aged 11-21 years : a systematic review and meta analysis. Addiction 2015 111 391-407










