Des chercheurs américains démontrent la mainmise du lobby depuis l’élaboration d’un programme visant à éradiquer les caries, dans les années 1970, jusqu’à aujourd’hui.
L’article publié dans la revue Prescrire de mai n’a pas de quoi donner le sourire. Car il met en évidence les moyens employés par le lobby du sucre pour minimiser l’effet de ses produits sur les caries dentaires et détourner l’attention des autorités sanitaires. La preuve a pu être apportée par des chercheurs étasuniens qui ont analysé des documents, jusqu’alors inexploités, provenant d’un professeur de chimie organique de l’université de l’Illinois, qui avait été membre du conseil scientifique du lobby du sucre entre 1959 et 1971. Des générations d’enfants ne lui disent pas merci. D’autant plus que les méfaits du sucre ne se limitent pas aux dents. Ils se mesurent aussi sur les balances.
Tout commence donc il y a plus d’un demi-siècle, quand l’Institut américain de recherche dentaire décide d’élaborer un programme visant à éradiquer les caries dentaires aux États-Unis. Le lobby du sucre ne voit évidemment pas cela d’un bon œil. Il tente alors d’influencer les objectifs de ce programme, en se rapprochant de cet institut et de ses experts. Il rédige sa propre version des priorités, conçue pour détourner l’attention portée sur le sucre, et notamment le projet de modifier les habitudes alimentaires. Ses principaux axes concernent le développement d’un vaccin anti-caries et la possibilité d’ajouter au sucre une enzyme appelée dextranase destinée à contrer l’action cariogène du sucre.
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