Les patients phobiques des soins dentaires seraient tellement nombreux que les spécialistes de la psychologie seraient dans l’incapacité de les quantifier.
Près de 60% des gens ressentiraient de l’anxiété à l’idée de se rendre chez le dentiste et environ 5 à 10% seraient atteints d’une véritable « phobie dentaire », comme décrite dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.
Généralement, l’anxiété dentaire – ou phobie dentaire – se manifeste par une peur aiguë du dentiste conduisant le patient à adopter une stratégie d’évitement. Et quand ces patients se décident finalement à prendre rendez-vous, ils rencontrent des troubles du sommeil la veille de se rendre au cabinet et certains sont même pris de crises de panique dans la salle d’attente.
De nos jours, les chirurgiens-dentistes cherchent bien évidemment tous les procédés possibles – comme la thérapie ou la sédation par exemple – afin de réduire cette anxiété mais encore faut-il pouvoir mesurer les effets de ces différentes techniques.
Depuis 1969, les scientifiques ont mis au point pas moins de sept questionnaires et échelles d’anxiété dentaire :
- L’échelle d’anxiété dentaire de Corah (DAS)
- Enquête sur la peur dentaire de Kleinknecht (DFS)
- Inventaire de l’anxiété dentaire de Stouthard’s
- Questionnaire de la peur de Weiner
- Inventaire cognitif de la peur des traitements dentaires
- Échelle d’anxiété dentaire modifiée (MDAS)
- Index de la peur et de l’anxiété dentaire (IDAF-4C +)
Seulement les psychologues et les chirurgiens-dentistes n’arrivent pas à se mettre d’accord pour savoir quel est le meilleur de ces questionnaires pour évaluer l’anxiété dentaire.
Dans une revue de 1993 comparant les 6 plus anciens questionnaires (l’IDAF-4C ayant été introduit en 2010), les chercheurs avaient conclu que le DFS de Kleinknecht était le plus performant tout en déclarant qu’il était quand même préférable de combiner plusieurs questionnaires.
L’idée serait bien entendu de construire un questionnaire unique réunissant les points forts de chaque question. Certaines mettant l’accent sur des angoisses spécifiques comme la peur de l’injection anesthésique, d’autres évaluant une peur plus générale du dentiste.
Cette confusion qui règne quand il s’agit de mesurer l’anxiété dentaire, n’empêche bien évidemment pas les équipes de psychologues et de chirurgiens-dentistes de travailler en étroite collaboration pour aider les patients à surmonter leurs peurs.
A la clinique de l’anxiété dentaire de l’Université de Washington, les patients peuvent recevoir un traitement alliant la thérapie et la sédation par exemple. Et les psychologues du King’s College de Londres ont constaté que cinq séances de thérapie cognitivo-comportementale seulement peuvent aider les patients à surmonter leurs peurs.
Ce travail mené en commun permet une prise en charge globale et efficace des patients phobiques. Les chirurgiens-dentistes ont la possibilité aujourd’hui de soigner de plus en plus patients et ainsi d’améliorer leur santé bucco-dentaire. Ces progrès ont même permis d’aider certains praticiens à surmonter leurs propres angoisses. En effet, d’après une étude de 2012, près de 28% des étudiants en odontologie seraient concernés par l’anxiété dentaire.
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