Nous évoquions il y a quelques semaines de cela, une « mode » chez les adolescents consistant à fabriquer eux-mêmes leurs appareils dentaires. Mais dans le cas d’Amos Dudley, étudiant américain en design, il semblerait que la technique du Do it Yourself se soit quelque peu « professionnalisée ».
Complexé par ses dents, Amos Dudley ne souriait jamais ce qui l’empêchait, selon ses mots, d’être « pleinement heureux ».
N’ayant pas les moyens de se rendre chez l’orthodontiste pour débuter un traitement orthodontique, cet étudiant a décidé de corriger son problème lui-même.
Sur son blog, le jeune homme raconte en détail comment il a procédé étape par étape pour obtenir des résultats.
En premier lieu, il a commencé par acheter de l’alginate premier prix et a pris une empreinte de ses dents grâce à un porte-empreinte imprimé en 3D qu’il a coulé à l’aide de Permastone.
Car Amos Dudley n’est pas un étudiant comme les autres. Ses études en design lui permettent en effet d’avoir accès à des outils de fabrication numérique coûteux et perfectionnés.

Le jeune homme explique avoir sacrifié ses pauses déjeuner pour étudier les protocoles d’alignement dentaires. Après de longues recherches, il a fini par prendre la décision de se lancer dans une fabrication « maison » de son traitement orthodontique.
Après tout, les équipements à sa disposition lui permettaient de s’inspirer de la prise d’empreinte numérique en cabinet.
Il explique que ses recherches l’ont conduit à s’appuyer sur 2 textes de référence : « Contemporary Orthodontics (5e) du Dr William Proffit et « Orthodontics at a glance » de Gill Daljit.
Il procéda donc tout d’abord à son auto-diagnostic : LI-r (incisive latérale droite) vestibulo-versée, et CI-r (incisive centrale droite) palatino-versée avec un chevauchement du bloc incisif.

Ensuite, Amos Dudley s’est rendu au New Jersey Institute of Technology (NJIT) qui dispose d’un laboratoire de fabrication numérique avec une imprimante 3D « Dimension 1200es Stratasys ». Selon lui, cette machine ferait l’affaire!
Il ne lui restait plus qu’à acheter un plastique inerte capable de bien rester en bouche sans se décomposer et sans libérer de produits chimiques toxiques. C’est sur Ebay qu’il a fini par trouver son bonheur avec le Keystone Pro-Form 030.
Pour commencer, l’empreinte en alginate lui a permis de capturer une quantité incroyable de détails.

Amos Dudley relate que son empreinte contenait quelques bulles mais pas de quoi porter atteinte à la fabrication des gouttières.

L’étudiant a dessiné deux points de couleur à la surface du plâtre qui ont servi de points de référence pour le scan.

Le scan du modèle avec la machine NextEngine s’est bien passé même si Amos Dudley déclare que l’interface du logiciel était « horrible ». Les dimensions du scan semblaient correspondre étroitement à celles du modèle physique mesurées à l’aide d’un pied à coulisses.
Une incertitude planait tout de même sur le scan des contours. Serait-il fidèle au modèle? Mais l’étudiant explique que le Permastone est un matériau idéal pour la numérisation laser en raison de sa surface totalement mate.
L’élaboration de la série de mouvements lui a paru également assez simple : il n’a eu qu’à marquer la séparation entre la couronne anatomique et la gencive libre puis à manipuler les différentes pièces dans leur position correcte. Enfin, il a mesuré la distance totale que chaque dent aurait à effectuer et la divisée par le maximum recommandé, qui correspond au mouvement maximal qu’une dent peut effectuer à chaque changement de gouttière.
Un nouveau modèle format STL a été créé pour chaque étape de la série de mouvements.

L’étudiant a pris toutes les précautions nécessaires lors de la fabrication des gouttières pour éviter l’apparition d’artefacts au niveau du plastique acheté sur ebay.
Il explique que l’étiquetage de chaque gouttière a été crucial dans la mesure où elles étaient quasi-identiques.

Les gouttières fabriquées sous vide ont ensuite été polies à l’aide d’une sableuse afin de ne pas irriter ses gencives.


A notre connaissance, Amos Dudley serait la première personne à avoir « bricolé » soi-même ses gouttières.
Le jeune homme a porté ses gouttières jour et nuit pendant 16 semaines, les retirant uniquement pour sortir et pour manger. Et il n’en est pas resté là. Prévoyant, il a aussi fabriqué des gouttières de contention qu’il porte la nuit et qui lui servent aussi de gouttières de blanchiment moyennant un léger meulage.
Pour finir, voici le résultat avant-après qui, sans avoir corrigé parfaitement tous les axes des incisives, montre une amélioration certaine au niveau de l’alignement.
Avant

Après

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