Sous l’autorité de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), le laboratoire Sanofi a souhaité adresser une lettre d’information aux professionnels de santé sur le Zaltrap® (aflibercept). En effet, des cas d’ostéonécrose de la mâchoire ont été rapportés chez des patients atteints de cancer et traités par Zaltrap®.
Zaltrap® (aflibercept) en association avec la chimiothérapie irinotécan/5-fluorouracile/acide folinique (FOLFIRI) est indiqué chez les adultes atteints d’un cancer colorectal métastatique (CCRM) résistant ou ayant progressé après un traitement à base d’oxaliplatine.
Une méta-analyse de 3 études de phase III (EFC10262NELOUR, EFC10261N1TAL, EFC10547NANILLA) a mis en évidence une fréquence globale d’ostéonécrose de la mâchoire de 0,2% (3 patients, N=1333) chez les patients traités par aflibercept et < 0.1 % (1 patient, N=1329) chez les patients du groupe placebo.
Au 3 août 2015, il est estimé que Zaltrap® a été administré à plus de 22 700 patients atteints d’un cancer dans le monde. Au total, 8 cas d’ostéonécrose de la mâchoire chez des patients ont été notifiés au laboratoire Sanofi. Trois de ces cas étaient associés à une utilisation concomitante de bisphosphonates. Des interventions dentaires ont été rapportées dans trois cas parmi lesquels deux recevaient ou avaient reçu récemment un traitement concomitant par biphosphonates. Aucun de ces cas n’a eu d’issue fatale. Au vu des données des études cliniques, des cas notifiés et de l’effet de classe potentiel des agents antiangiogéniques ciblant les voies du VEGF, le Résumé des Caractéristiques du Produit et la notice d’information destinée au patient seront mis à jour par le laboratoire afin d’inclure les nouvelles informations de tolérance relatives à l’ostéonécrose de la mâchoire et fournir des recommandations pour la prise en charge des patients.
Zaltrap® peut être un facteur de risque supplémentaire à la survenue d’une ostéonécrose de la mâchoire. Ce risque doit particulièrement être pris en considération lorsque Zaltrap® et les bisphosphonates intraveineux
sont administrés de façon concomitante ou séquentielle.
Les interventions dentaires invasives constituent également un facteur de risque identifié d’ostéonécrose de la
mâchoire. Un examen bucco-dentaire ainsi que des soins dentaires préventifs appropriés doivent être
recommandés avant d’instaurer un traitement par Zaltrap®. Une attention particulière est recommandée en cas d’administration concomitante ou séquentielle de Zaltrap® avec des bisphosphonates intraveineux.
Chez les patients traités par Zaltrap® et qui ont précédemment reçu ou qui reçoivent des bisphosphonates
intraveineux, les interventions dentaires invasives doivent, si possible, être évitées.
Ce médicament fait l’objet d’une surveillance supplémentaire qui permettra l’identification rapide de nouvelles informations relatives à la sécurité.
L’ANSM rappelle que les professionnels de santé doivent déclarer immédiatement tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament dont ils ont connaissance au Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV) dont ils dépendent géographiquement.










