Agnès Buzyn envisage « une évolution progressive et programmée sur cinq ans des modalités de financement des établissements de santé, dans la suite du récent rapport Véran, ainsi que de la rémunération des professionnels de santé libéraux, notamment dans le cadre des négociations conventionnelles ». Plus précisément, l’Ondam sera fixé à 2,3% sur les 5 prochaines années (après 2,1% pour 2017).
Elle prévoit aussi un « nouveau plan triennal d’économies commun aux agences régionales de santé et à l’Assurance-maladie ».
Le Professeur Buzyn va aussi s’attaquer au chantier des dépassements d’honoraires. Ainsi, elle souhaite inciter les professionnels de santé à les modérer « par le biais combiné des contrats responsables et des négociations conventionnelles ». Une évolution qui nécessitera « un dialogue constant et constructif avec l’ensemble des acteurs du système de santé avec les partenaires sociaux, avec les associations, (…) et avec les collectivités territoriales », selon la ministre.
Agnès Buzyn compte rendre le tiers-payant « généralisable » et non plus « généralisé », confirmant ainsi les propos d’Edouard Philippe dans une interview du 7 juin dernier, qui se disait « dubitatif », quant à l’intérêt de cette réforme entamée par l’ancien gouvernement.
La ministre se fixe également l’objectif d’un « reste à charge zéro à l’horizon 2022 » pour l’optique ainsi que pour les prothèses dentaires et auditives.
Une ambition qui suppose de « gagner en efficience tout au long de la chaîne de valeur, de définir un panier de soins indispensables, à tarifs opposables, en fixant des plafonds de prix, et un partage de la prise en charge entre assurance maladie obligatoire et complémentaire ».
La concertation avec l’ensemble des acteurs qui doit démarrer dès le mois de septembre, s’annonce donc d’ores et déjà mouvementée.
La ministre demande aux différents organismes complémentaires de rendre « plus lisibles » leurs offres de manière à « permettre aux assurés de les comparer plus facilement. »
Le régime d’assurance maladie des étudiants devrait être confié au « régime général ou au régime dont l’affilié relevait avant de devenir étudiant » dans l’objectif de « dégager des économies » et « d’améliorer le service » rendu.
Quant au RSI, il serait tout simplement enterré et ce, dès le 1er janvier 2018, sauf pour les indépendants qui vont continuer « de faire l’objet (…) d’une gestion particulière prenant en compte les spécificités de cette population ».
Agnès Buzyn souhaite « intensifier » la lutte contre le tabagisme « en augmentant rapidement et fortement, dès 2018, le prix du tabac ».
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