Le Clesi, ex-Université Fernando-Pessoa attirait le plus souvent des étudiants ayant échoué en PACES. Ouverte depuis octobre 2012, cette formation permettait de contourner le numerus clausus grâce aux conventions signées entre les universités européennes. En effet, les étudiants français inscrits au Clesi commençaient leurs études pendant deux ans sur les sites de Béziers ou de Toulon, puis les achevaient dans un autre pays européen. Une fois leur diplôme en odontologie obtenu à l’étranger, ces jeunes pouvaient revenir exercer en France. Les frais de scolarité de cette nouvelle chance s’élevaient tout de même à 10.000 euros par an !
Quatre ans après l’ouverture du Clesi, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence vient d’ordonner la fermeture de la filière en odontologie et ce, dans un délai de deux mois et sous peine d’une astreinte de 5.000€ par jour. La décision devra être également affichée dans trois publications locales et nationales ainsi que sur le site internet du Clesi.
Dès le départ, les syndicats de dentistes avaient dénoncé l’irrégularité de cet établissement privé. En septembre 2014, l’Union Dentaire qui avait initié la première procédure, avait obtenu la fermeture du site de Toulon. Cependant, les procédures d’appel avaient suspendu ces décisions.
Mais cette fois, le couperet est tombé. Le Clesi devra bel et bien fermer sa formation en odontologie, les juges ayant même qualifié cette formation de « tromperie » !
Interrogé par nos confrères d’Educpros, Patrick Solera, président de la FSDL, se dit »très satisfait » de ce jugement : « La sentence est sévère et nous y voyons une victoire pour la qualité de la formation des dentistes au niveau national. La formation proposée par le Clesi ne respectait pas les obligations légales en termes d’adossement à un centre hospitalier et en termes de stages… »
Bruno Ravaz, président de l’ESEM-Clesi, se déclare quant à lui, « très déçu » par cette décision, qui fait «obstacle à l’ouverture d’universités privées dans le domaine de la santé, et oblige les familles à envoyer leurs enfants étudier en Roumanie ». Ce dernier est susceptible de se pourvoir en cassation.
Les étudiants du Clesi peinaient encore à croire il y a quelques jours, que leurs études devraient être interrompues immédiatement.
Bruno Ravaz a l’obligation de fermer la formation en odontologie mais non l’établissement. 300 étudiants inscrits en kinésithérapie et sciences humaines pourront donc y poursuivre leur cursus scolaire. Mais qu’en est-il des 80 étudiants inscrits en odontologie et qui ont déjà payés leur frais de scolarité ?
« Nous allons proposer à ces étudiants un cursus en biotechnologie, qui mêlera mécanique et biologie » a annoncé le directeur de l’établissement.
Reste à savoir si ces étudiants voudront encore faire confiance au Clesi. Pour ceux qui refuseraient cette proposition, Bruno Ravaz affirme qu’ils seront remboursés de leur frais de scolarité.
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